Le Pari des Bretelles

 

Ce fut un pari fou d’imaginer l’accordéon, ce « piano à bretelles », trouver sa place dans tous les styles, tous les lieux, toutes les esthétiques musicales. C’est pourtant le pari qu’ont su relever ces générations d’instrumentistes dont nous sommes les héritiers, de Tony Murena à Marcel Azzola en passant par Richard Galliano. Le programme de concert présenté ici retrace l’histoire du « piano du pauvre », rappelle les liens existants entre musique savante et musique populaire et met en lumière le métissage culturel du siècle dernier, fruit de tant d’innovations.

 

L’accordéon a longtemps souffert d’une forme de mépris. Quelle satisfaction de mesurer aujourd’hui l’enthousiasme qu’il peut susciter. Son entrée dans les conservatoires, son utilisation en jazz, son succès en musique classique et son intégration dans de nombreuses créations contemporaines sont autant de preuves de ses capacités multiples. Forts de cette formidable ouverture, certains voudraient à présent oublier ses racines populaires, comme si celles-ci étaient devenues un frein à son évolution. Je crois, au contraire, qu’il est essentiel de les affirmer.

 

L’accordéon est populaire. Il a grandi dans les faubourgs et a souvent trouvé une place dans les instants festifs de la vie de chacun. C’est une chance. L’histoire de la musique nous enseigne la source d’inspiration inépuisable qu’a constitué la musique populaire pour la musique savante. Bartók, Grieg, Dvořák, De Falla et bien d’autres ont démontré tout leur génie en se réappropriant et en transcendant les éléments de leurs cultures populaires respectives. Perrine a, depuis longtemps, mis ses pas dans ceux de ces grands noms. Lui le musicien classique passionné de chansons françaises du siècle dernier, moi l’enfant des bals populaires qui a toujours cherché à explorer l’univers de la musique classique, nous avons à cœur de mener à bien ce projet et, en particulier, de faire redécouvrir un style bientôt centenaire : le musette.

 

Intrinsèquement lié à l’histoire de l’accordéon, le musette est aujourd’hui menacé de tomber dans l’oubli. Plus qu’une simple mode dépassée, cette musique est un pan du patrimoine musical français du siècle dernier, révélatrice de l’esprit parisien des Années folles et de ce brassage culturel inédit. Si c’est une fierté que l’accordéon soit aujourd’hui partout dans le monde un des symboles de la France et de Paris, il est bon de rappeler que celui-ci est avant tout un vagabond. Inspiré du cheng chinois, inventé en Autriche, fabriqué pour la première fois en Italie, transformé en Russie, il a fait danser l’humanité toute entière, en voyageur infatigable, sur tous les continents, du kazatchok au musette, du forro au paso doble.

 

Le « piano à bretelles » fait ici le pari de mêler son souffle aux cordes frottées de cinq musiciens fabuleux pour se dévoiler, une fois encore, là où personne ne l’attend.

FÉLICIEN BRUT

Félicien Brut

 

Félicien Brut est aujourd’hui considéré comme l’un des accordéonistes français les plus innovants et éclectiques de sa génération. De la musique populaire à la « musique savante », de l’improvisation aux œuvres écrites, de pièces originales aux transcriptions les plus inattendues, il n’a de cesse de défendre le caractère polymorphe de ce jeune instrument qu’est l’accordéon.

Quatuor Hermès

Omer Bouchez, violon
Elise Liu, violon
Yung-Hsin Chang, alto
Anthony Kondo, violoncelle

Depuis leur formation en 2008, le talent des membres du quatuor Hermès a été salué par le public et la presse du monde entier. Le Washington Post loue « leur forte personnalité, la beauté de leur son et leur grande précision, projetées avec flair et imagination » tandis que le New York Times parle d’une « captivante combinaison de détermination et de profondeur ».

 

Leur déjà florissante carrière comprend des tournées aux quatre coins de l’Europe, en Asie (Chine, Japon, Taiwan), aux Etats-Unis (Kennedy Center de Washington, Carnegies’s Zankel Hall à New York) et en Amérique du Sud, ainsi qu’au Maroc, en Egypte ou aux Emirats arabes unis. Ils sont fréquemment invités dans de grands festivals français et étrangers comme les Flâneries Musicales de Reims, le festival Radio France/Montpellier, le festival du Périgord Noir, le festival de Colmar, le festival de L’Orangerie de Sceaux, le festival de Pâques de Deauville ; au Cheltenham Music Festival, Mecklenburg-Vorpommern Festival, Krzyzowa Music Festival, Mantova Chamber Music Festival, etc.

 

Leur parcours est jalonné de rencontres déterminantes : les quatuors Ravel, Ysaÿe, et Artemis avec lesquels les quatre musiciens se sont formés et ont développé une pensée musicale commune ; puis des personnalités marquantes comme Eberhard Feltz à Berlin, et plus tard Alfred Brendel, immense inspiration avec laquelle ils travaillent régulièrement aujourd’hui.
Le Quatuor Hermès a reçu de nombreux prix prestigieux : « Révélation Musicale de l’Année » du Prix de la Critique 2014-15, le « Nordmetall Ensemble Preis 2013 » du festival Mecklenburg-Vorpommern, 1er Prix du Concours International de Genève 2011, 1er Prix au concours FNAPEC 2010, 1er Prix du Concours International de Musique de Chambre de Lyon 2009 et 1er Prix aux YCA International Auditions à New York. Artistes en résidence à la Chapelle Reine Elisabeth de Bruxelles de 2012 à 2016, ils sont soutenus depuis 2015 par la fondation d’entreprise Banque Populaire.
Le dernier disque du Quatuor Hermès, les trois quatuors op.41 de Robert Schumann, paru chez La Dolce Volta, a reçu d’élogieuses critiques et récompenses dont un Choc de l’Année 2015 du magazine Classica et a été recommandé par The Strad Magazine et Télérama. Un nouvel enregistrement consacré aux quatuors de Debussy, Ravel et Dutilleux sortira début 2018. Omer Bouchez joue actuellement sur un Joseph Gagliano de 1796 prêté par le Mécénat Musical Société Générale tandis qu’Elise Liu joue sur un David Tecchler de 1721 prêté par le Fonds Instrumental Français.

Édouard Macarez

 

Edouard Macarez commence la contrebasse à l’age de 10 ans auprès de Jean-Loup Dehant, professeur au Conservatoire de Douai, avant d’intégrer, en 2006, le Conservatoire National Superieur de Musique et de Danse de Paris dans la classe de Thierry Barbé. Il obtient en 2009 le premier prix a l’unanimité avec les félicitations du jury. En 2011, Edouard décide de se perfectionner en Allemagne auprès de Niek de Groet, ancien soliste de l’Orchestre Royal du Concergebouw Amsterdam.

 

Edouard est lauréat de plusieurs concours nationaux et internationaux : 1er Prix trois années consécutives aux concours organisés par l’Association des Contrebassistes de France en 2003, 2004 et 2005 à Paris, Lyon et Béziers, 1er Prix au Concours de cordes d’Epernay en 2006, 1er Prix au Concours « International Paris Bassc» 2008 et 1er Prix en 2009 au Concours « Scottish International Competition » à Glasgow.

 

Il s’est produit de nombreuses fois en récital notamment à Paris, au grand auditorium du Royal College de Glasgow, à Berlin dans l’auditorium de la Horshcule lors de la manifestion Berlin Bass 2010, à Dusseldorf, à Essen, etc. Avec orchestre il s’est produit en soliste avec l’Orchestre Symphonique du Royal College de Glasgow ainsi qu’avec le Baltic Chamber Orchestra.

 

Passionné par l’orchestre, Edouard est rentré à l’âge de 19 ans à l’Orchestre National de Lille avant d’obtenir un poste de soliste à l’Orchestre Philharmonique de Radio France trois ans plus tard.

Thibault Perrine

 

Violoniste de formation, Thibault Perrine a étudié l’harmonie avec Jean-Claude Raynaud, l’écriture avec Thierry Escaich, l’orchestration avec Jean-François Zygel, la direction d’orchestre avec Nicolas Brochot et la direction de chœur avec Catherine Simonpietri.

 

Depuis treize ans, il a réalisé les arrangements musicaux de nombreux spectacles lyriques, notamment pour la compagnie Les Brigands (du Docteur Ox et de Ta Bouche à La Grande Duchesse et aux Chevaliers de la Table Ronde), le Théâtre du Châtelet (Le Chanteur de Mexico) ou plus récemment pour l’Académie de l’Opéra de Paris (Iphigénie en Tauride, Les Temps aventureux).

 

Des orchestrations ou arrangements lui ont été commandés pour divers concerts ou enregistrements (avec Marie-Nicole Lemieux, Anne Gastinel, Accentus, le Philharmonia Orchestra, ou encore l’Orchestre de Chambre de Paris à l’occasion d’un récital avec Natalie Dessay à la Philharmonie de Paris en 2016, etc.), événements (Concert de Paris en 2014), films documentaires (Ils ont libéré Paris en 2014 ; Verdun : ils ne passeront pas en 2016), etc.

 

Depuis 2010, il travaille régulièrement pour divers festivals : Les Folies lyriques à Montpellier (assistant à la direction musicale), Un violon sur le sable à Royan (assistant à la direction musicale et membre de l’équipe de programmation).

 

Soucieux de pédagogie, il collabore régulièrement avec Jean-François Zygel dans le cadre de ses émissions Les Clefs de l’orchestre ou La Boîte à musique.

 

Il enseigne l’écriture au conservatoire à rayonnement régional de Paris et l’arrangement au pôle supérieur d’enseignement artistique Paris Boulogne-Billancourt.